Les infos à J-1
6 juin 2026 - 18:57
Les 154 coureurs engagés sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes débutent demain leur périple, qui se terminera dimanche 14 juin au Plateau de Solaison, par une étape de 146,2 kilomètres tracée dans l’Isère entre Vizille et Saint-Ismier… et déjà propice à une confrontation entre les prétendants au classement général.
Les favoris attendus pour jouer le titre en fin de semaine sont presque tous des prétendants au maillot blanc, à commencer par le plus jeune coureur inscrit sur l’épreuve, Paul Seixas, qui entame avec enthousiasme et à domicile la phase finale de sa préparation à son premier Tour de France. Il sera notamment en concurrence avec Isaac Del Toro, Juan Ayuso, Kévin Vauquelin, Oscar Onley, mais aussi Cian Uijtdebroeks, Valentin Paret-Peintre ou Georg Steinhauser.
Dans cette ambiance de prise de pouvoir annoncée par la jeune garde, l’unique ancien vainqueur Dani Martinez tentera de faire le match, tout comme Matteo Jorgenson, Tobias Johannessen ou Luke Plapp, sortis bien plus fraîchement de la catégorie des jeunes.
GILLES MAIGNAN : « NOUS AVONS DÉVIÉ DU FORMAT CLASSIQUE »
Les habitudes doivent aussi être bousculées ! Alors que la première étape a le plus souvent été dédiée à un match entre sprinteurs ou puncheurs, avec un circuit final qui dynamise la course, la probabilité de voir les favoris de la semaine en découdre d’entrée est forte sur le parcours proposé en ouverture du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Et l’intitulé de l’étape reliant Vizille à Saint-Ismier sur 146,2 km n’est pas étranger à ce profil atypique, comme l’explique le directeur de l’épreuve Gilles Maignan : « En partant de la ville du regretté Thierry Claveyrolat, maillot à pois du Tour en 1990, pour se rendre chez le vainqueur des Tours 1975 et 1977 Bernard Thévenet, on ne pouvait quand même pas dessiner un parcours pour sprinteurs ! Alors nous avons dévié du format classique pour mettre des reliefs du début à la fin. »
Effectivement, le profil déjà montagneux laisse envisager un scénario propice à une batille de grimpeurs, avec 3160 mètres de dénivelé positif cumulé, et une montée de près de 9 km pour atteindre le col de l’Arzelier après 40 km de course. « J’imagine que c’est dans cette ascension qu’une échappée va se détacher, mais les équipes des principaux favoris ne leur laisseront pas beaucoup de marge, ils vont contrôler. Car dans la côte de Rousset, une belle ascension de 1ère catégorie, ils vont forcément se jauger, et même se bagarrer puisqu’on sera à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Il restera une longue descente et un faux plat montant pour rejoindre l’arrivée. En principe les écarts ne devraient pas être énormes, mais quand je vois les numéros dont est capable Paul Seixas depuis le début de l’année, je me dis qu’il peut encore nous surprendre. »
PAUL SEIXAS : « JE NE ME FOCALISE PAS UNIQUEMENT SUR LA VICTOIRE »
Les regards sont braqués sur Paul Seixas, qui était présent sur le Critérium du Dauphiné où il a terminé 8e l’an dernier et s’aligne cette fois-ci sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de sa préparation à son premier Tour de France. Éblouissant depuis le début de la saison, le leader de Decathlon CMA CGM est passé à une nouvelle séquence depuis sa 2e place sur Liège-Bastogne-Liège derrière Tadej Pogacar, et s’y engage avec appétit : « C’est une course prestigieuse d’une semaine, et en plus dans ma région. J’y attache une importance particulière dans le cadre de la préparation avant le Tour, cela va me permettre de juger les effets du travail fait en altitude, nous allons voir les bénéfices. Depuis le début de saison, on travaillait surtout sur des efforts courts, mais ce qui m’a toujours plu c’est la haute montagne, alors je suis content d’y arriver maintenant. »
À l’heure de confier ses objectifs de la semaine, le grand espoir du cyclisme français avoue d’emblée qu’il « espère ne pas finir comme l’année dernière, c’est-à-dire mort », et évite d’endosser le rôle de grand favori de l’épreuve : « Je ne me focalise pas uniquement sur la victoire, le plus important ce sera de voir comment j’ai pu améliorer ma faculté de récupération entre chaque étape. Et en vue du Tour, c’est une répétition à tous les niveaux, sur le vélo et en dehors du vélo. En tout cas nous avons un très bon groupe, on passe de bons moments ensemble et maintenant on va se donner à 200 % sur le terrain. »
LES LIEUTENANTS DE POGACAR EN QUÊTE « D’UN MAGNIFIQUE ÉTÉ EN FRANCE »
Pour défendre la victoire de Tadej Pogacar acquise l’an dernier, UAE Emirates-XRG aligne une équipe prestigieuse composée des principaux lieutenants du Slovène. Contraint de renoncer au Giro d’Italia en raison d’une maladie, Joao Almeida profitera de ce défi de huit jours pour évaluer sa condition en vue de l’été. Isaac Del Toro fait également son retour à la compétition après son abandon sur le Tour du Pays Basque. Mais le prodige mexicain, vainqueur de l’UAE Tour et de Tirreno-Adriatico en début de saison, aborde cette reprise avec davantage de certitudes alors qu’il se prépare à faire ses débuts sur le Tour de France : « C’est ma première participation au Tour Auvergne-Rhône-Alpes et j’espère que ce sera le début d’un magnifique été de course en France pour moi. L’entraînement s’est bien déroulé et les choses évoluent dans la bonne direction. Le niveau sera sans aucun doute très relevé, car une grande partie du peloton prépare le Tour de France, mais je pense que nous sommes prêts. »
Almeida et Del Toro auront naturellement dans leur viseur les étapes les plus montagneuses du parcours. Toutefois, le Mexicain pourrait également tirer profit de ses qualités de puncheur dès la première étape… à moins que Saint-Ismier ne sourie à un Benoît Cosnefroy en très grande forme. Le Français a décroché quatre victoires au mois de mai, la plus récente étant celle obtenue sur les Boucles de la Mayenne.
JEUNESSE CONQUÉRANTE…
La liste des partants fait ressortir une poignée de favoris qui ont pour l’essentiel en commun de figurer également parmi les prétendants au maillot blanc. Il n’est arrivé qu’une seule fois au XXIe siècle que le Critérium du Dauphiné soit remporté par un coureur de moins de 25 ans : le Colombien Dani Martinez en 2020, qui est aussi l’unique ancien vainqueur présent dans le peloton cette année et vient de franchir le cap de la trentaine. En 2025, le Top 10 final était composé de quatre coureurs éligibles au maillot blanc (Lipowitz 3e, Evenepoel 4e, Seixas 8e et Rodriguez 9e).
Avec les candidats en lice aujourd’hui, il est fort probable que cette élite soit encore plus peuplée de jeunes. Sur les 22 équipes présentes, au moins 7 font porter leurs espoirs de briller au général par des coureurs de cette catégorie, dont UAE Emirates-XRG avec Del Toro, Lidl-Trek avec Ayuso, Netcompany Ineos avec Vauquelin, Onley et Rodriguez, et Decathlon CMA CGM avec Seixas, pour ne citer que les plus en vue. La palme dans ce domaine revient à Movistar, qui aligne 6 jeunes sur 7 coureurs, dont leur leader Cian Uijtdebroeks.
MATTEO JORGENSON : « J’AIMERAIS GAGNER UNE ÉTAPE ET MONTER SUR LE PODIUM DU CLASSEMENT GÉNÉRAL »
Alors que Jonas Vingegaard récupère du Giro et prépare le Tour de France, Wout van Aert et Matteo Jorgenson incarnent les ambitions de Visma-Lease a Bike pour les huit prochains jours. Le Belge effectue son retour sur route quelques mois après avoir remporté Paris-Roubaix Hauts-de-France. Entre-temps, il s’est également imposé sur une manche de l’UCI Gravel World Series. Habitué à briller sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, il totalise déjà cinq victoires d’étapes en trois participations. De son côté, Matteo Jorgenson, deuxième du classement général en 2024, espère rééditer cette belle performance pour son retour à la compétition après une fracture de la clavicule survenue lors de l’Amstel Gold Race. « Je cherche avant tout à confirmer que je suis en bonne forme », explique l’Américain. « « Il subsiste une part d’inconnu, car je ne m’étais jamais cassé un os au cours de ma carrière. Mais les trois dernières semaines d’entraînement me rendent confiant et je suis heureux d’être ici, en France, sur une course que j’apprécie vraiment. J’aimerais gagner une étape et j’aimerais monter sur le podium du classement général. »
Aux côtés de rouleurs de premier plan comme Bruno Armirail et Edoardo Affini, Visma-Lease a Bike entend également tirer pleinement parti du contre-la-montre par équipe de la 3e étape (Perreux > Perreux, 28,4 km). « C’est un moment clé », souligne Jorgenson. « C’est très important pour le classement général. De plus, cette épreuve intervient très près du Tour de France, avec le même format et de nombreux coureurs identiques. Ce sera donc une excellente répétition générale. »
VAUQUELIN ET ONLEY, AVEC LA FORCE DU COLLECTIF
Si la formation britannique anciennement appelée Sky a nettement dominé le Critérium du Dauphiné des années 2010 avec six succès obtenus par Bradley Wiggins (2011-12), Chris Froome (2013-15-16) et Geraint Thomas (2018), la récolte a été bien moins fructueuse depuis 2020, avec un seul titre signé Richie Porte en 2021. Mais l’année 2026 pourrait être celle du renouveau avec un effectif particulièrement prometteur de Netcompany Ineos sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Leur directeur Ian Stannard compte bien entendu sur Oscar Onley et Kévin Vauquelin, qui se sont montré respectivement à leur avantage sur le Tour d’Algarve (4e) et sur Paris-Nice (5e) : « Ils sont tous les deux en bonne condition et nous visons un Tour Auvergne-Rhône-Alpes solide et régulier. C’est une édition très exigeante, pour laquelle les coureurs se sont préparés avec sérieux en mettant tout en œuvre avant de venir ici. Nous disposons d’une équipe forte, chacun apportant ses propres qualités, et nous comptons nous appuyer sur ces atouts tout au long de la course. »
Parmi les journées décisives de la semaine, Stannard table notamment sur le contre-la-montre par équipe, avec une composition quasi-identique à celle qui avait triomphé pendant la Course au soleil, comprenant notamment Joshua Tarling et Dorian Godon : « Cet exercice constitue un axe de travail majeur pour l’équipe. Nous y avons beaucoup travaillé et nous sommes impatients de le disputer ici ainsi que sur le Tour. »


